Le baobab, l’arbre mythique de la nature malgache

Les baobabs malgaches sont un marqueur de cette extraordinaire biodiversité de la Grande Ile, à l’image de 80% de la faune et de la flore malgache.

Le baobab recèle encore beaucoup de mystères sur ses singularités biologiques. Il est étudié depuis 2 siècles par les botanistes, depuis Michel Adanson qui donna en 1749 au Sénégal son nom au genre Adansonia.

Cela fait seulement une quinzaine d’années que le taxinomiste américain David Baum a établi le nombre d’espèces de baobabs à 8, dont 6 n’existent qu’à Madagascar.
Les baobabs malgaches sont eux bien différents de leur cousin africain car depuis la séparation du Gondwana, il y a quelques 160 millions d’années, les 6 espèces présentes à Madagascar se sont différenciées en s’adaptant aux écosystèmes particuliers et isolés dans lesquels elles se trouvaient.

Le baobab, un arbre mythique

Selon une légende malagasy, c’est dans un baobab que le premier homme, Imbelo, a sculpté sa compagne.

Cet arbre mythique, à la silhouette emblématique des paysages malgaches, provoque émotions et émerveillement de l’étranger. Il n’est pas rare au cours de nos périples d’avoir vu quelques voyageurs approcher ces géants, poser leur joue sur le tronc et tenter de l’enserrer de leurs bras. Tentative vaine bien-sûr, car ces colosses ont une circonférence pouvant dépasser 20 mètres.

Les baobabs sont même si imposants qu’on peut les identifier sur les images Google Earth. Certains auraient plus de 1000 ans et font l’objet d’une profonde vénération de la part de la population autochtone sous la garde d’un sorcier ou d’un sage.

Le baobab aime les climats secs. Certains d’entre eux peuvent survivre 8 mois sans une goutte d’eau. Donc aller à la rencontre des baobabs, suppose de choisir un voyage dans une région sèche de Madagascar.

Mais là encore, vous avez le choix : Détours Madagascar propose plusieurs circuits pour découvrir ces géants tranquilles. Et vous, quel baobab choisissez-vous ?

  • Pour contempler le plus grand baobab (30 à 40 mètres), le magnifique Anansonia Grandidieri, il faut aller, à mi chemin du nord et du sud, dans les forêts sèches de l’Ouest de l’ile, dans la région de Morondava dont les pirogues à balancier effilées ponctuent l’horizon. La mythique Allée des baobabs composée de plus de 1000 de ces géants est spectaculaire dans le poudroiement rouge de la fin du jour.
  • Pour admirer le Madagascariensis, au tronc cylindrique orné de fleurs rouge sang, le voyageur doit se rendre dans le Nord de l’Ile, dans la région de la belle Majunga aux influences orientales. Ce port, aux boutres ventrus, a d’ailleurs pris pour emblème un baobab solitaire, trônant à un carrefour de la ville.
  • Pour apprécier les deux variétés menacées, le Perrieri et le Suarezensis, c’est au Nord de Madagascar qu’il faut vous rendre, dans la région de Diego, la cosmopolitaine. Vous y verrez aussi le Rubrostipa, le plus petit des baobabs qui ressemble à peine à un arbre avec son tronc en forme de bouteille au col étroit au départ de ses branches.

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Singularités biologiques

Voici un arbre qui est une véritable curiosité biologique. Malgré ses branches aux allures de racines, le baobab n’a que peu de feuilles, qui tombent d’ailleurs à la saison sèche.
La blague ne dit-elle pas qu’il a été planté à l’envers ?

Mais alors, comment produit-il sa photosynthèse ?
Le stratagème est dans la fine pellicule verte de chlorophylle qui recouvre le tronc et qui lui permet de faire toute l’année sa photosynthèse.
C’est un arbre étrange et baroque dont le tronc grossit ou se resserre selon le volume d’eau qu’il stocke dans son tronc spongieux. C’est aussi un résilient étonnant : profondément blessé, il repoussera quand même sous de curieuses formes boursoufflées.

Pour la pollinisation, là encore, la diversité est de mise. Si certains baobabs ont des fleurs blanches dressées vers le ciel pour attirer les papillons, abeilles ou oiseaux polinisateurs, d’autres ont des fleurs oranges ou rouges, tournées vers le sol pour attirer les petits lémuriens et les chauves-souris.

Prodiges du baobab

Son fruit, le renala ou pain de singe, est velouté, marron, de forme oblongue. Les graines sont nichées dans une pulpe blanche acidulée, protégées par une coque dure. Très apprécié du voyageur, il peut se consommer en jus ou en glace et permet de faire le plein d’énergie car il est 10 fois plus riche en vitamine C que l’orange. L’industrie cosmétique s’intéresse aussi au baobab pour le mettre en vedette sur les rayons de beauté.
Pour s’adapter plus vite aux changements de son environnement, le baobab n’attend pas que la sélection naturelle fasse son travail au fil du temps. Il s’hybride rapidement avec une autre variété pour lui emprunter certaines caractéristiques, grâce à un polinisateur, papillon ou autre insecte. C’est un phénomène appelé introgression.

Vulnérabilité du baobab

Finalement, c’est le peu d’usage que les malgaches font avec du baobab qui a contribué à le préserver y compris dans la régions fortement déforestées. La mythique allée des baobabs était avant une foret sèche dont aujourd’hui ne subsiste que les silhouettes imposantes des baobabs.
Pourtant, dans certaines zones de Madagascar, il n’y a plus de jeunes baobabs depuis 300 ou 400 ans. En cause sans doute la déforestation – 10 000 hectares partiraient en fumée tous les ans –, la disparition de certains animaux propagateurs des graines ou encore le changement climatique.
Cette vulnérabilité pose la question de la gestion durable de ces écosystèmes qu’il faudrait mettre en place. Cela permettrait au voyageur de contempler encore longtemps cet arbre mythique, arbre aux merveilles, à la présence imposante dans les feux des lumières du soir et nourrir encore longtemps les légendes et les histoires de Madagascar.

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