L’île malgache de Sainte-Marie : fief des pirates aux XVIIe et XVIIIe siècles

L’île de Sainte-Marie, au large de la côte est de Madagascar, est réputée pour être une destination calme où l’on observe les baleines. On se prélasse sur les plages, on fait de la plongée, on parcourt l’île à vélo et on visite le cimetière des pirates. Eh oui ! L’île était le repaire préféré des pirates au XVIIe et au XVIII siècle. Sainte-Marie est liée à jamais aux pirates !

Dans toutes les aventures, les légendes et les histoires extraordinaires répertoriées, on retient les noms de Thomas Tew, Christophe Condent, William Kidd, Dirk Chivers, Olivier Le Vasseur aka « La Buse » et John Avery.

Sainte-Marie : l’île des pirates

Le nom de l’île a été attribué par les navigateurs portugais qui accostèrent dans la baie le jour de l’Assomption en l’an 1503. Ce fut l’arrivée des premiers Européens à Sainte-Marie. À mesure que le trafic maritime augmentait dans l’océan Indien, de plus en plus de navires arrivèrent à Sainte-Marie, y compris des flibustiers.

L’histoire retient le nom de Thomas Tew, un célèbre et riche pirate qui épousa une princesse du pays. Leur fils, le roi Ratsimilaho, devint l’un des premiers métis, dits zanamalata, connus de la côte est de Madagascar. La fille de celui-ci (donc petite fille de pirate), la princesse Betty, est celle à qui l’on attribue la signature de l’Acte officiel de donation de l’île Sainte-Marie à la France le 30 juillet 1750.

On note la période entre 1685 et 1720 comme l’âge d’or de la piraterie à Sainte-Marie. On fait état de plus d’un millier de pirates habitants ou faisant escale sur l’île. La baie était l’endroit préféré des plus grands pirates de l’histoire, leur repaire, là où ils ramenaient les bateaux volés. Les rendus de procès, les journaux de bord et les cartes maritimes le prouvent.

Les pirates célèbres de Sainte-Marie

Dirk Chivers, un célèbre pirate hollandais, réussit un des plus grands exploits de la piraterie en s’emparant du Great Mohamet en 1698. Cet immense navire turc (40 x 14 m) transportait 600 pèlerins en route pour La Mecque avec de l’or, de l’argent et des bijoux d’une valeur estimée aujourd’hui à environ 350 millions d’euros.

William Condon, alias Christopher Condent aka « Billy One-Hand » fut le capitaine du bateau de pirate le plus riche de l’histoire : le Fiery Dragon. Cependant, il le brûla intentionnellement en 1721 suite à un accord passé avec la France, le permettant de se réfugier dans ce pays, hors d’atteinte des lois britanniques. Il avait en effet prit sa retraite en 1720 après avoir pris un navire de pèlerin indien transportant des pièces d’or, des médicaments, de la soie et d’autres marchandises de valeur estimés aujourd’hui à environ 375 millions d’euros.

Olivier Levasseur, dit La Buse, est célèbre pour son cryptogramme menant à un trésor caché. Son butin est le plus important, puisqu’en 1721, il réussit avec son équipage à prendre la Vierge du Cap, un galion portugais transportant de l’or, de l’argent, du diamant, du rubis et d’autres objets précieux valant aujourd’hui l’équivalent de 400 millions d’euros. Condamné à mort après avoir été capturé par un navire marchant français en 1730, il aurait jeté à l’équipage un parchemin crypté, une carte au trésor en disant : « Mon trésor à qui saura comprendre »

L’héritage de la piraterie à Madagascar

Certains Saint-Mariens sont des descendants de pirates et des tombes de ces bandits des mers sont toujours visibles à Ambodifotatra, la plus grande ville. Il s’agit aujourd’hui de l’un des sites touristiques les plus visités de l’île. Près de la baie de Forbans, des épaves de bateaux de pirates sont toujours visibles. Les restes du fameux bateau du capitaine Condent et le navire du capitaine Kidd gisent au fond de l’océan. Les larges de Sainte-Marie se prêtent aussi à la plongée sous-marine, comprenant de magnifiques spots avec épaves.

Pour regarder, voire peut-être toucher des preuves historiques du passage des pirates à Sainte-Marie, rendez-vous au musée des pirates à Antananarivo ! Cet endroit très atypique est situé dans le quartier de Tsaralàlana, au 4e étage d’un immeuble en face de la Société Ballou. La piraterie à Madagascar a également donné naissance à la légende d’une république humaniste de pirates : Libertalia ! Elle aurait été cachée dans la baie de Diego-Suarez et dura de 1685 à 1697.

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