La valiha : instrument de musique emblématique de Madagascar

La valiha est un instrument de musique à cordes typiquement malgache. Associée à l’Imerina, elle est également jouée dans toutes les régions de l’île. Dans le Sud, on l’appelle la marovany ! Les ambassadeurs les plus connus sont Rajery et Justin Vali, deux talentueux musiciens qui ont su introduire la valiha sur la scène internationale !

Histoire et culture autour de la valiha

Les origines de la valiha ne sont pas claires et définies, mais elles sont probablement indonésiennes. Selon les historiens, une grande partie de la population malgache est originaire d’Indonésie. On trouve des variantes de la valiha (le rhatong) dans ce pays, ainsi que dans les montagnes de la Malaisie. L’instrument aurait été introduit sur l’île au cours du premier millénaire de notre ère. Les histoires, les contes et les poèmes anciens relatent des représentations de valiha, notamment Tondrak’i Betsiboka. Elle semblait être omniprésente dans la vie des Malgaches d’autrefois (Les Ntaolo).

Premier instrument à entrer à la cour des rois Merina au XVIe siècle, la valiha est joué lors des cérémonies religieuses fondées sur le culte des morts et les séances de guérison par spiritisme, ainsi que les rituels de transe dans le Sud. En temps de fêtes, la vadiha ou betoroky (autres noms de l’instrument traditionnel) est toujours présent : vodiondry, famadihana, didim-poitra (fahasoavana, circoncision), etc. Elle est utilisée dans tous les types de musique traditionnelle malgache : tsapiky (sud), salegy (nord), musique sakalava (ouest), kalon’ny fahiny (hautes terres).

Fabrication de la valiha

La valiha est composée d’un segment de bambou dont les deux extrémités ne sont pas percées. Une longue fente longitudinale sert d’ouïe et les cordes étaient réalisées par décollement des fibres longitudinales de l’écorce. Les deux extrémités de chaque fibre décollée (corde) restaient attachées, puis soulevées au-dessus de la table par de petits chevalets taillés dans un morceau d’écorce de cucurbitacée séché (sorte de potiron). Les chevalets sont disposés autour du bambou. Ces cordes fibreuses donnaient des sonorités de percussions étouffées.

Plus tard, lorsqu’il a été possible de se procurer des fils de fer, les cordes en métal ont été adoptées. Les sonorités sont devenues bien meilleures, avec un timbre caractéristique assez proche de la cithare. Les mélodies sont romantiques et intimistes… Les extrémités des cordes sont incrustées dans le bambou au niveau des nœuds, bien fixées et recouvertes de cuir de zébu poilu. Les chevalets peuvent être en bois ou en bambou et déplacés de haut en bat pour régler la sonorité de l’instrument. Le bambou est également orné de magnifiques gravures et motifs traditionnels !

Rencontrer la valiha et faire connaissance…

Les fabricants de valiha ne sont pas très connus et il n’existe aucune marque déposée. Les instruments sont vendus dans tous les marchés proposant de l’artisanat malgache. En flânant sur l’Avenue de l’Indépendance à Antananarivo, vous pourriez peut-être rencontrer un vendeur de valiha ambulant qui en joue pour attirer les passants, surtout les touristes vazaha en voyage à Madagascar !

Pour écouter de la valiha, les références restent Rajery et Justin Vali. Autre artiste internationale incontournable lorsqu’on parle de cet instrument : Donné Andriambaliha. N’oublions pas les chants traditionnels, notamment ceux du début du XIXe siècle, l’afindrafindrao en valiha.

 

 

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