Île Sainte

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Culture & patrimoineForêtsPlagesPlongéeÎles5 min de lecture

Plages vierges, baleines à bosse de juillet à septembre, mémoire des pirates et Île aux Nattes : Sainte-Marie est l'un des joyaux de la côte est malgache.

Nichée au large de la côte est de Madagascar, l'île Sainte-Marie — Nosy Boraha en malgache — est un joyau tropical de 49 km de long sur 5 km de large. Anciens repaires de pirates, plages de sable blanc, forêts luxuriantes et passage annuel des baleines à bosse : Sainte-Marie concentre les arguments d'un voyage à Madagascar hors du commun. Voici tout ce qu'il faut savoir avant de partir.

Sainte-Marie en bref

  • Où : île au large de la côte est de Madagascar, face à Soanierana Ivongo
  • Surface : 222 km² (49 km × 5 km)
  • Climat : tropical, températures entre 20 et 30 °C toute l'année
  • Saison idéale : juillet à septembre pour les baleines à bosse, septembre à décembre pour le climat
  • Accès : vol depuis Antananarivo (1h15) ou bateau depuis Soanierana Ivongo (2h)
  • À ne pas manquer : observation des baleines, Île aux Nattes, cimetière des pirates, baie d'Ampanihy
  • Durée conseillée : 4 à 6 jours sur place

Une histoire entre légendes et pirates

Les légendes fondatrices

L'histoire de Nosy Boraha oscille entre mythe et réalité. Certains l'appellent Nosy Mbavy, « l'île des femmes ». Selon la légende, un Juif nommé Abraham ou Ibrahim fut assailli par une horde de femmes à son arrivée. Fatigué et affamé, il fit la rencontre d'une vieille dame qui lui offrit à manger par pitié. Reconnaissant, Abraham bénit sa bienfaitrice et ses descendants, de sorte qu'ils trouvèrent toujours de l'eau durant leur déplacement. La fable dit que le printemps jaillit à proximité de l'habitation de la vieille dame. Certains historiens avancent à partir de ce récit que les premiers étrangers venus sur l'île auraient été des Juifs Yéménites.

Une autre légende évoque Nosy Boraha en rapport avec le mythe biblique de Jonas. Selon les dires d'un villageois nommé Boraha, Jonas, chassé par une baleine, fut sauvé par un dauphin qui le déposa sur le rivage de l'île.

L'âge d'or des pirates (XVIIe-XVIIIe)

Les premiers Européens débarquèrent à Nosy Boraha vers la fin du XVIe siècle. Le pirate Thomas White épousa une princesse de l'est de Madagascar. Leur union permit la naissance de la dynastie Zanamalata. Leur fils Ratsimilaho fonda le groupe ethnique Betsimisaraka, réunissant les tribus côtières. Son royaume s'étendit jusqu'à Mahavelona.

En 1685, Nosy Boraha devint un important repaire de pirates. La majorité des navires qui y passaient furent vandalisés. Les boucaniers bénéficièrent d'un abri sécurisé à Sainte-Marie. Ils pillèrent tous les transporteurs d'épices venus d'Inde, ayant accosté pour s'approvisionner ou réparer leurs navires. Certains historiens estiment à 1 000 le nombre de pirates qui ont trouvé refuge sur l'île. Quelques épaves de bateaux de pirates sont encore visibles près de la baie des Forbans : deux d'entre elles auraient appartenu au Capitaine Kidd et au Capitaine Condent. Des tombes de pirates se nichent également dans la baie, à proximité d'Ambodifotatra.

L'arrivée des Français

Nosy Boraha entra sous la domination française le 30 juillet 1750, lorsque la reine Betty signa un traité. Selon les récits, Betty, fille de Ratsimilaho, s'amouracha d'un ex-soldat gascon du nom de Jean Onésime Filet, surnommé La Bigorne, qui aurait usé de tout son charme pour la convaincre. Le palais de Betty devint alors celui du Gouverneur, aujourd'hui un musée.

L'îlot Madame, où se dresse ce monument, abrite également la première église catholique malgache (1857), dont l'autel fut un présent de l'Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Les premiers Français qui s'y installèrent furent cependant des pirates ; il est d'ailleurs possible de visiter leurs tombeaux à Ambodifotatra.

Culture et population

Sainte-Marie a hérité d'un beau métissage culturel et linguistique. La population parle principalement le Saint-Marien, un mélange de la langue française et des dialectes de la Grande Île, agrémenté d'influences bantoues, anglaises et indonésiennes. La gentillesse et la générosité des habitants comptent parmi les atouts qui renforcent le charme de l'île.

Le rythme y est lent, ponctué par les retours de pêche, les marchés et les fêtes villageoises. Oubliez la course aux visites : ici, on prend le temps d'un punch coco face au coucher de soleil, d'une balade en pirogue au lever du jour, d'un repas partagé chez l'habitant.

Que voir et que faire à Sainte-Marie

Observer les baleines à bosse (juillet-septembre)

Chaque année, de juillet à septembre, les baleines à bosse remontent du grand sud pour mettre bas et s'accoupler dans le canal de Sainte-Marie. C'est l'une des meilleures zones d'observation au monde. Les sorties en bateau partent généralement d'Ambodifotatra : sauts hors de l'eau, chants sous-marins, parades nuptiales et veaux nageant aux côtés de leur mère sont au rendez-vous. La saison des baleines reste l'argument numéro un pour planifier un séjour à Nosy Boraha.

L'Île aux Nattes

À la pointe sud de Sainte-Marie, séparée par un bras de mer de quelques centaines de mètres, l'Île aux Nattes (Nosy Nato) est un concentré de carte postale : cocoteraies, sable blanc, eau turquoise. On y accède en pirogue depuis le village d'Ambatoroa. Pas de voitures, peu d'électricité : c'est l'endroit idéal pour ralentir.

Patrimoine et sites historiques

  • L'église catholique de 1857 sur l'îlot Madame, dont l'autel est un cadeau de l'impératrice Eugénie
  • Le vieux fort qui trône au sommet d'une colline ; on y voit encore l'insigne de Louis XV
  • L'île aux Forbans, de forme circulaire, qui abrite une ruine d'arc
  • Le cimetière des pirates de Saint-Pierre, aménagé sur une péninsule, avec ses pierres tombales gravées de têtes de mort
  • Le palais de la reine Betty reconverti en musée

Plages, baies et îlots

Sainte-Marie déroule des kilomètres de plage de sable fin, à proximité des baies d'Antongil et de Tintingue, autres repaires présumés des pirates. La péninsule d'Ampanihy, à l'est, se détache des terres par sa baie éponyme : eaux profondes, plages spectaculaires, accès en pirogue pour les criques les plus isolées. Un récif corallien protège la majorité des baies, ce qui rend la baignade agréable côté ouest.

Plongée et snorkeling

Les eaux de Sainte-Marie abritent un récif corallien vivant, des poissons tropicaux et des tortues marines qui ont élu domicile dans les épaves des bateaux pirates. Plusieurs centres de plongée à Ambodifotatra et à l'Île aux Nattes proposent des sorties pour tous niveaux. Le snorkeling depuis la plage suffit déjà à apercevoir la richesse des fonds.

Forêts et faune endémique

L'île est soumise à une pluviométrie assez forte, profitant à une nature luxuriante. Trois forêts méritent une visite :

  • Forêt d'Ikalalao (400 ha) : nombreuses variétés d'orchidées, refuge de trois espèces de lémuriens (Microcebus, lémurien souris, lémurien nain) et de caméléons endémiques
  • Forêt secondaire d'Ambodena : grande variété d'oiseaux, de caméléons, de geckos et de grenouilles arborescentes ; côté primates, lémuriens souris, lémuriens bruns à tête blanche, lémurs doux gris
  • Forêt d'Ampanihy : mangrove à explorer en pirogue, avec des tortues marines qui pondent parfois sur la plage

La plage d'Ankarena, bordée par une végétation forestière et une grotte de front de mer, donne un bon aperçu de la faune et de la flore de l'océan Indien.

Quand partir à Sainte-Marie

Nosy Boraha bénéficie d'un climat tropical, avec des températures comprises entre 20 et 30 °C toute l'année. On distingue trois périodes :

  • Janvier à avril — saison chaude et humide, risque de cyclones, pluies fréquentes. Période à éviter pour un séjour balnéaire.
  • Mai à août — saison tempérée et humide, températures agréables. Juillet et août ouvrent la saison des baleines à bosse.
  • Septembre à décembre — saison douce et sèche, le meilleur compromis climat + activités. Septembre reste le mois roi : baleines, soleil, mer calme.

Pour un voyage axé observation des baleines, ciblez juillet, août et septembre. Pour la plage et la plongée sans la foule, septembre à novembre est imbattable.

Comment se rendre à Sainte-Marie

En avion

L'aéroport de Sainte-Marie (SMS) est desservi par Madagascar Airlines au départ d'Antananarivo (1h15) et de Toamasina (30 min). Quelques vols saisonniers existent depuis La Réunion via Air Austral. La fréquence varie selon la saison : réservez à l'avance entre juillet et septembre.

En bateau

Depuis Toamasina, comptez environ 7 heures de route jusqu'à Soanierana Ivongo, puis 2 heures de traversée en vedette rapide. La mer peut être agitée : les voyageurs sensibles au mal de mer privilégieront l'avion.

Se déplacer sur l'île

Pas de taxi traditionnel à Sainte-Marie. Les déplacements se font à pied, à vélo (location facile à Ambodifotatra), en tok-tok (tricycles motorisés, équivalent local du tuk-tuk) ou en pirogue pour les criques et les îlots. La piste principale longe la côte ouest sur toute la longueur de l'île.

Où dormir à Sainte-Marie

L'offre d'hébergement est répartie principalement le long de la côte ouest, autour d'Ambodifotatra et sur l'Île aux Nattes. Trois grandes typologies :

  • Guesthouses et bungalows familiaux (15-30 €/nuit) — accueil chez l'habitant ou petites structures villageoises. Idéal pour voyageurs au budget serré ou en quête d'authenticité. Confort simple, repas pris en commun.
  • Boutique-hôtels et lodges en bord de mer (60-120 €/nuit) — bungalows en dur, piscine pour certains, restaurant sur place. Le bon compromis confort/charme, souvent gérés par des francophones expatriés.
  • Lodges haut de gamme et resorts (150 €+/nuit) — villas pieds dans l'eau, spa, sorties en mer privatisées, gastronomie soignée. Concentrés sur l'Île aux Nattes et la pointe sud.

En haute saison (juillet-septembre), réservez 2 à 3 mois à l'avance. Hors saison, la négociation reste possible.

Conseils insider

  • Argent : peu de distributeurs sur l'île, et souvent en panne. Retirez à Toamasina ou à l'aéroport d'arrivée. Beaucoup de petites structures n'acceptent que le cash (ariary).
  • Baleines : privilégiez les opérateurs labellisés Cétamada, qui respectent les distances d'approche et financent la recherche scientifique.
  • Pirogue : négociez la traversée vers l'Île aux Nattes le matin, l'après-midi le vent se lève et la mer devient capricieuse.
  • Tenue : emportez un anti-moustique efficace (le paludisme est présent) et un traitement préventif après avis médical.
  • Connectivité : la 4G fonctionne autour d'Ambodifotatra mais reste capricieuse ailleurs. Prévoyez de déconnecter.
  • Achats : les épices, la vanille et le clou de girofle locaux sont d'excellents souvenirs à rapporter.

Sainte-Marie, pour qui ?

  • Couples en quête de calme — l'Île aux Nattes est l'un des spots les plus romantiques de Madagascar.
  • Amoureux des cétacés — la saison des baleines à bosse en fait une destination unique au monde.
  • Voyageurs slow travel — pas de musts à cocher, juste le rythme des marées et des villages.
  • Plongeurs et snorkeleurs — récif corallien, épaves de pirates, tortues marines.
  • Familles avec enfants — plages protégées par le récif, tok-tok pour les déplacements, hébergements adaptés.
  • Passionnés d'histoire — l'un des rares endroits au monde à porter une mémoire pirate aussi tangible.

Sainte-Marie convient moins aux voyageurs en quête d'animation nocturne, de shopping ou d'infrastructures urbaines.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

De juillet à fin septembre. Le pic d'activité se situe en août et début septembre, lorsque les femelles mettent bas et que les mâles paradent.

Quatre à six jours permettent de combiner observation des baleines, journée à l'Île aux Nattes, visite du patrimoine pirate et plongée. Une semaine est idéale pour un vrai séjour balnéaire.

Depuis la pointe sud de Sainte-Marie (village d'Ambatoroa), la traversée en pirogue dure 5 à 10 minutes. Les départs sont fréquents toute la journée.

Le paludisme est présent sur la côte est de Madagascar. Un avis médical et un traitement préventif sont recommandés, en plus d'une protection anti-moustiques rigoureuse.

L'avion depuis Antananarivo (1h15) reste le plus simple. Le bateau depuis Soanierana Ivongo (2h de traversée + route depuis Toamasina) est plus économique mais éprouvant si la mer est agitée.

Quelques distributeurs existent à Ambodifotatra mais sont souvent en panne. La majorité des structures fonctionne au cash (ariary). Prévoyez vos retraits sur le continent.

Combiner Sainte-Marie avec d'autres étapes

Sainte-Marie s'intègre naturellement dans un voyage plus large à Madagascar, en particulier sur la côte est. Plusieurs de nos circuits passent par Nosy Boraha :

Préparer votre voyage à Sainte-Marie

Notre expert local de l'agence Nomadays Madagascar vous aide à intégrer Sainte-Marie dans un voyage sur-mesure : choix de la période en fonction des baleines, sélection d'un hébergement adapté à votre budget, combinaison avec Andasibe, le Canal des Pangalanes ou l'ouest malgache. Découvrir l'agence.

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