Est et Sainte-Marie

Est et Sainte-Marie

Est et Sainte-Marie

Forêt humide d'Andasibe peuplée d'indris, 600 km de lagunes des Pangalanes, baleines à bosse au large de Sainte-Marie de juillet à septembre : la côte Est se vit au rythme de l'eau.

La côte Est de Madagascar, c'est d'abord une affaire d'eau. Eau du ciel qui tombe en moyenne 3 000 mm par an sur Maroantsetra, eau des rivières qui dévalent la falaise de l'Angavo, eau saumâtre du canal des Pangalanes qui longe le littoral sur près de 600 kilomètres entre Toamasina et Farafangana. Cette bande étroite coincée entre l'océan Indien et l'escarpement oriental concentre la forêt humide primaire du pays, ce qui en reste après deux siècles de défrichement pour la culture du riz, du girofle et de la vanille.

Notre équipe à la capitale organise les départs vers l'Est par la RN2, quatre heures de route bitumée jusqu'à Andasibe, point d'entrée du parc national Andasibe-Mantadia. C'est ici qu'on entend l'indri, le plus grand lémurien vivant, dont le chant matinal porte à deux kilomètres dans la canopée. Le parc abrite onze autres espèces de lémuriens, des caméléons de Parson qui atteignent 70 cm, et une densité d'oiseaux endémiques difficile à retrouver ailleurs sur l'île. Plus loin sur la même route, Toamasina (Tamatave) reste le premier port du pays, escale logistique avant de descendre les Pangalanes en pirogue motorisée ou de remonter vers le nord.

La culture betsimisaraka domine la côte. Ce peuple, dont le nom signifie "les nombreux inséparables", vit du riz pluvial, de la pêche en lagune, des plantations de girofle autour de Fénérive-Est et de litchis qui partent à l'export en novembre-décembre. Les villages au bord des Pangalanes se traversent en quelques minutes à pied, cases en ravinala (l'arbre du voyageur, emblème de Madagascar), pirogues taillées dans un seul tronc, séchoirs à clous de girofle qui parfument l'air à la saison de la récolte, vers octobre.

Au large de Soanierana-Ivongo, à une heure et demie de bateau ou vingt minutes d'avion depuis Tamatave, l'île Sainte-Marie (Nosy Boraha) étire ses 60 kilomètres de long. L'île servit de repaire aux pirates européens entre 1685 et 1720, et le cimetière marin d'Île aux Forbans en garde les stèles gravées de tibias croisés. De juillet à septembre, 400 à 700 baleines à bosse traversent le canal de Sainte-Marie pour mettre bas et s'accoupler dans les eaux chaudes peu profondes. Les sorties d'observation partent d'Ambodifotatra, capitale de l'île, encadrées par des opérateurs formés aux distances d'approche réglementaires.

Plus au nord, la baie d'Antongil ferme la côte Est sur une géographie particulière : 60 kilomètres de fond, mangroves, et derrière, la presqu'île de Masoala, dernière grande forêt humide de l'île, accessible uniquement par bateau depuis Maroantsetra. Masoala combine forêt primaire et récif corallien dans une même aire protégée, ce qui est rare à cette latitude. C'est aussi la région du cacao malgache, dont les fèves fines partent vers les chocolatiers européens depuis Ambanja et la vallée du Sambirano voisine.

L'Est ne se visite pas dans la précipitation. Les distances sont courtes sur la carte mais longues sur le terrain, les routes secondaires se transforment en piste à la première averse, et la lumière du matin reste le meilleur moment pour la faune. Nous construisons les itinéraires autour de fenêtres météo, en évitant systématiquement la saison cyclonique.

À découvrir

L'indri d'Andasibe au lever du jour. Marche guidée de deux à trois heures dans le parc de Mantadia au petit matin, quand les familles d'indris chantent pour marquer leur territoire. Le son porte sur deux kilomètres et structure toute l'ambiance sonore de la forêt.

Saison des baleines à Sainte-Marie. Sorties en bateau de juillet à septembre dans le canal entre Sainte-Marie et la côte, où 400 à 700 baleines à bosse viennent mettre bas. Approches encadrées, départs matinaux d'Ambodifotatra ou de la baie d'Ampanihy.

Descente du canal des Pangalanes. Navigation en pirogue à moteur entre lagunes, écluses et villages betsimisaraka, sur deux à trois jours entre Manambato et Ambila-Lemaitso. Pêcheurs au filet carré, séchage des clous de girofle, nuits en bungalow au bord de l'eau.

Masoala et la baie d'Antongil. Bivouac et marche dans la dernière grande forêt primaire de l'île, accès uniquement par boutre depuis Maroantsetra. Combinaison forêt humide et plongée sur récif corallien dans une même journée, configuration unique à Madagascar.

Cimetière des pirates de l'île aux Forbans. Petite île au large d'Ambodifotatra où subsistent une vingtaine de tombes gravées des XVIIe et XVIIIe siècles, vestiges du temps où Sainte-Marie servait de base à Olivier Levasseur et William Kidd.

Quand y aller

L'Est est la région la plus arrosée de Madagascar. La saison cyclonique court de janvier à mars, avec des précipitations qui dépassent 400 mm par mois à Maroantsetra et des routes régulièrement coupées. Nous ne programmons pas de voyages sur cette période. Avril reste humide en transition. La meilleure fenêtre s'étend de mai à octobre, avec des températures côtières entre 22 et 28°C, des averses encore possibles mais courtes, et une mer praticable. Septembre-octobre marque le pic pour combiner faune terrestre active et fin de saison des baleines à Sainte-Marie.

Andasibe, à 900 mètres d'altitude, est sensiblement plus frais : 12 à 15°C la nuit en juillet-août, prévoir une polaire pour les sorties nocturnes d'observation des lémuriens. Sur la côte et à Sainte-Marie, on garde un climat tropical humide toute l'année, l'humidité reste élevée même en saison sèche. Les baleines à bosse sont présentes de mi-juin à mi-septembre, avec une concentration maximale en août.

Conseils pratiques

Compter au minimum cinq jours pour un combiné Andasibe plus Sainte-Marie, en passant par un vol intérieur Tana-Sainte-Marie qui évite la route jusqu'à Soanierana-Ivongo. Pour intégrer le canal des Pangalanes, ajouter trois jours. Pour Masoala et la baie d'Antongil, prévoir une extension de cinq à sept jours, l'accès se fait par vol Tana-Maroantsetra puis bateau, et la météo conditionne fortement les déplacements. Le point d'entrée logistique est la capitale, Antananarivo, d'où partent la RN2 vers Andasibe-Tamatave et tous les vols intérieurs.

L'Est se combine naturellement avec les Hauts Plateaux en début ou fin de circuit, puisqu'on transite par la capitale. Une articulation classique consiste à enchaîner Hauts Plateaux puis Andasibe puis Sainte-Marie sur douze à quatorze jours. La combinaison avec le Sud et la RN7 demande davantage de temps, trois semaines minimum. Le confort sur la côte Est varie : hôtels corrects à Andasibe et Sainte-Marie, hébergements simples en lodge sur les Pangalanes et à Masoala. La région convient aux contemplatifs, aux observateurs de faune, aux familles avec adolescents sur Sainte-Marie. Les randonneurs intensifs trouveront davantage de dénivelé dans les Hauts Plateaux ou le Grand Sud.

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