Hauts Plateaux
Au centre de Madagascar entre 1200 et 1500 mètres, le cœur merina aligne rizières en gradins, villages de briques rouges et ateliers d'artisans zafimaniry.
Les Hauts Plateaux occupent le centre de Madagascar, sur un socle granitique qui culmine entre 1200 et 1500 mètres d'altitude. C'est la région la plus densément peuplée de l'île et le cœur historique du royaume merina, unifié au début du XIXe siècle depuis la colline d'Ambohimanga. Notre agence est basée à Antananarivo, la capitale, et la plupart de nos circuits démarrent ici, le temps d'absorber le décalage horaire et de s'acclimater à l'altitude avant de plonger vers les régions plus chaudes du Sud, de l'Ouest ou de la côte Est.
Le paysage est immédiatement reconnaissable : des rizières en gradins épousent le moindre repli de terrain, des collines arrondies portent des villages aux maisons de briques rouges à deux ou trois étages, héritage de l'architecture merina codifiée au XIXe siècle. Le travail de la terre rythme la vie quotidienne. Repiquage en novembre-décembre, moissons en avril-mai. Sur les routes, on croise des charrettes à zébus, des porteurs de briques fraîches, des marchés hebdomadaires où s'échangent volailles, manioc et tissus. C'est une Madagascar agricole, pas balnéaire, et c'est ce contraste qui rend la traversée vers les côtes si frappante.
Antananarivo, que les Malgaches appellent simplement Tana, étage ses quartiers sur douze collines. La haute-ville concentre le palais de la Reine (Rova de Manjakamiadana), reconstruit après l'incendie de 1995, et les ruelles pavées autour du lac Anosy. La basse-ville bat au rythme du marché d'Analakely et de l'avenue de l'Indépendance. Trente kilomètres au nord, Ambohimanga, classée à l'UNESCO en 2001, conserve l'enceinte royale, les bassins sacrés et les tombeaux des souverains. C'est le site fondateur de l'identité merina, encore lieu de culte vivant pour les Malgaches.
Plus au sud, la RN7 traverse Ambatolampy, réputée pour ses fonderies d'aluminium artisanales où l'on coule encore les marmites au sable, puis rejoint Antsirabe à 170 kilomètres de Tana. Ancienne station thermale fondée par des missionnaires norvégiens en 1872, Antsirabe garde ses pousse-pousse colorés, ses ateliers de pierres semi-précieuses et de miniatures en corne de zébu. Au-delà, Ambositra est la capitale de l'artisanat zafimaniry, peuple sculpteur dont l'art du bois est inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis 2008. Les volets, les coffres et les boîtes à miel y portent des motifs géométriques transmis depuis des générations.
Côté table, les Hauts Plateaux ont leur cuisine propre, plus mijotée et moins épicée que celle des côtes. Le romazava, bouillon de viande de zébu aux brèdes mafane qui anesthésient légèrement la langue, est le plat national. On y boit du ranovola, l'eau de cuisson du riz brûlé servie chaude, et on goûte aux koba, gâteaux de riz, cacahuètes et banane cuits dans des feuilles. Les marchés du jeudi à Antsirabe et du samedi à Ambositra valent le détour pour observer cette économie paysanne en activité.
Le climat des Hauts Plateaux est tempéré, ce qui surprend souvent les voyageurs qui imaginent Madagascar uniformément tropical. Les nuits de juillet descendent à 5°C, parfois moins sur les hauteurs autour d'Andringitra. Une polaire et un coupe-vent sont nécessaires, surtout si l'on dort à Antsirabe ou Fianarantsoa en saison sèche. Les pluies se concentrent de décembre à mars, transformant les rizières en miroirs et rendant certaines pistes secondaires délicates.
À découvrir
Colline royale d'Ambohimanga. À 24 kilomètres au nord de Tana, l'enceinte de pierres sèches abrite le palais en bois du roi Andrianampoinimerina et les bassins sacrés où les souverains se purifiaient. Comptez une demi-journée avec le trajet.
Atelier zafimaniry à Antoetra. Village perché à 1 heure de piste depuis Ambositra où les sculpteurs travaillent le palissandre et le bois de rose selon les codes géométriques classés à l'UNESCO. Visite possible dans la journée ou en bivouac chez l'habitant.
Fonderies d'aluminium d'Ambatolampy. Sur la RN7, on entre dans les ateliers où les marmites sont coulées au sable noir à 700°C. Le geste n'a pas changé depuis cinquante ans et la visite dure une trentaine de minutes.
Ateliers de soieries d'Arivonimamo. À 45 kilomètres de Tana, on suit le cycle complet de la soie sauvage landibe : élevage des chenilles sur les tapia, filage, tissage au métier à bras, teintures végétales à partir de feuilles et d'écorces locales.
Pousse-pousse et lac Andraikiba à Antsirabe. L'ancienne ville thermale se parcourt en pousse-pousse pour rejoindre le lac volcanique d'Andraikiba à 7 kilomètres, où les femmes lavent encore le linge le matin et où la légende d'une princesse noyée se raconte au bord de l'eau.
Quand y aller
La saison sèche, d'avril à octobre, est la fenêtre la plus confortable pour circuler sur les Hauts Plateaux. Les journées affichent 20 à 25°C, le ciel reste dégagé et les pistes sont praticables. En contrepartie, les nuits de juin à août sont franchement fraîches : 5 à 10°C à Antananarivo et Antsirabe, parfois 2°C sur les hauteurs. Une polaire et un coupe-vent sont indispensables, ainsi qu'un duvet léger si vous bivouaquez en pays zafimaniry. Septembre et octobre sont nos mois préférés : températures remontées, jacarandas en fleurs autour de Tana, lumière encore douce avant la chaleur.
De décembre à mars, la saison des pluies apporte des averses quotidiennes, souvent en fin d'après-midi, et des cumuls de 250 à 300 mm par mois en janvier. Les rizières prennent leur couleur émeraude, mais les pistes secondaires vers Antoetra ou les villages zafimaniry deviennent boueuses et certains transferts s'allongent. Les routes principales (RN7, RN2) restent ouvertes. Novembre est une période charnière intéressante, avec les premières pluies courtes et les repiquages du riz qui démarrent.
Conseils pratiques
Deux à trois jours suffisent pour saisir l'esprit des Hauts Plateaux avant de filer vers le Sud ou l'Ouest : une journée à Tana et Ambohimanga, une journée pour descendre la RN7 jusqu'à Antsirabe avec arrêt à Ambatolampy, une journée pour pousser jusqu'à Ambositra et ses villages zafimaniry. Pour qui s'intéresse à l'artisanat, à l'histoire merina ou à la photographie de paysages agricoles, une semaine entière se justifie sans difficulté en y ajoutant le parc d'Andasibe à l'est ou le massif de l'Ankaratra à l'ouest. L'aéroport international d'Ivato, à 20 kilomètres au nord de Tana, est le point d'entrée de quasiment tous nos circuits.
La région se combine naturellement avec le Sud et RN7, qui prolonge la descente vers Ranomafana, Isalo et Tuléar sur 1000 kilomètres de route goudronnée. Elle s'articule aussi avec l'Est et Sainte-Marie via la RN2 vers Tamatave, et avec l'Ouest et Tsingy par la RN4 puis la piste de Morondava. Le confort est correct sur l'axe principal, avec des hôtels de charme à Tana, Antsirabe et Ambositra. Les Hauts Plateaux conviennent aux voyageurs contemplatifs, aux familles avec enfants (étapes courtes, climat tempéré) et à ceux qui veulent comprendre Madagascar avant d'en voir les extrêmes côtiers. Ce n'est pas une région de randonnée intensive ni de faune endémique : pour cela, il faut prolonger vers Ranomafana ou Andringitra.











