Nord et Nosy Be
Diego Suarez, parcs de l'Ankarana et de la Montagne d'Ambre, archipel de Nosy Be et ses îlots : la région la plus contrastée de Madagascar, entre volcans, tsingy et lagons à 28°C.
Le Nord de Madagascar commence à Diego Suarez, devenue Antsiranana, ville portuaire posée au fond de la deuxième plus grande baie du monde après Rio. L'héritage créole, indien et comorien se lit dans l'architecture coloniale du centre, les pâtisseries des rues Colbert et Richelieu, et la cuisine de poisson au coco que nous servons à nos voyageurs dès leur arrivée. La région concentre sur 200 kilomètres une diversité géologique qu'on ne retrouve nulle part ailleurs sur l'île : massif volcanique de la Montagne d'Ambre, plateaux de tsingy rouges sculptés par l'érosion près d'Irodo, plages de la baie de Sakalava balayées par l'alizé, et l'archipel volcanique de Nosy Be à 150 kilomètres plus à l'ouest.
La Montagne d'Ambre culmine à 1475 mètres et accroche les nuages venus de l'océan Indien. Le parc national qui la couvre abrite sept espèces de lémuriens, dont le rare lémurien couronné, et un réseau de cascades dont la Grande Cascade de 80 mètres. La fraîcheur y descend à 15°C la nuit en saison sèche, contraste utile après la chaleur côtière. Plus bas, autour d'Joffreville et d'Antsalaka, les plantations d'ylang-ylang, de vanille et de poivre constituent une économie qui alimente la parfumerie française depuis un siècle.
La péninsule d'Antsiranana s'ouvre sur trois baies successives : baie des Français, baie des Dunes, baie des Pigeons. La baie de Sakalava, plus au sud-est, accueille une école de kitesurf reconnue : le varatraza, vent thermique du sud-est, souffle régulièrement de mai à octobre, entre 18 et 25 nœuds. Pour les amateurs de géologie, les tsingy rouges de l'Irodo, à deux heures de piste de Diego, présentent des aiguilles de grès latéritique uniques au monde, formées par l'érosion différentielle d'une cuvette sédimentaire. Comptez une journée complète aller-retour en 4x4.
Nosy Be, l'île aux parfums, vit du tourisme, de la pêche et de la culture de l'ylang. Hell-Ville, l'unique vraie ville, conserve son marché aux épices et ses entrepôts coloniaux. Mais c'est l'archipel autour qui retient nos voyageurs : Nosy Komba et ses lémuriens macaco semi-habitués, Nosy Tanikely et sa réserve marine où évoluent tortues vertes et raies pastenagues à moins de cinq mètres de profondeur, Nosy Iranja et son banc de sable de 1,5 kilomètre reliant deux îles à marée basse, Nosy Sakatia pour les tortues, Nosy Mitsio plus au nord pour les amateurs de croisière à la voile. La température de l'eau ne descend pas sous 26°C, même en juillet.
De septembre à novembre, les requins-baleines remontent le canal du Mozambique et stationnent au large de Nosy Be pour se nourrir de plancton. Les sorties en bateau partent de Befotaka ou d'Ambatoloaka, avec des taux de rencontre de 80% en octobre. C'est aussi la saison où les baleines à bosse, descendues mettre bas dans les eaux chaudes entre juillet et septembre, sont encore observables avec leurs petits. Cette concentration de faune marine, combinée à la faune terrestre des parcs d'Ankarana et de la Montagne d'Ambre, fait de ces trois mois la meilleure fenêtre pour combiner les deux univers.
Le peuple Antakarana, dominant dans la région, maintient des traditions royales autour du roi Tsimiaro, basé à Ambatoharanana. La fête du Tsangantsaina, levée d'un mât sacré tous les cinq ans, mobilise la communauté pendant plusieurs jours. À Nosy Be, la population est majoritairement Sakalava, avec des apports comoriens et indiens visibles dans les noms et la cuisine. Le malagasy y est parlé avec un fort accent côtier, et le français reste la deuxième langue de travail.
À découvrir
Réserve d'Ankarana et ses tsingy gris. Massif calcaire fracturé en lames acérées, traversé de rivières souterraines et de canyons forestiers où vivent lémuriens couronnés et chauves-souris. Trek de 2 à 4 jours avec bivouac entre les pinacles.
Snorkeling à Nosy Tanikely. Réserve marine intégrale à 30 minutes de bateau de Nosy Be. Tortues vertes, poissons-perroquets et coraux durs visibles dès le bord, sans avoir besoin de plonger en bouteille.
Requins-baleines au large d'Ambatoloaka. Entre septembre et novembre, sorties à la journée avec biologistes marins pour nager aux côtés de juvéniles de 6 à 9 mètres, en surface, dans une eau à 28°C.
Tsingy rouges d'Irodo. Formation géologique unique de grès latéritique érodé en aiguilles ocre vif, accessible depuis Diego en 4x4 par une piste de 2h30 traversant les villages Antakarana.
Kitesurf dans la baie de Sakalava. Plan d'eau fermé, fond de sable, vent régulier de mai à octobre. École locale, hébergement en bungalows face au spot, niveau débutant à confirmé.
Quand y aller
La saison sèche court d'avril à novembre, avec un cœur idéal entre mai et octobre : température diurne de 28 à 32°C sur la côte, 22 à 26°C en altitude sur la Montagne d'Ambre, humidité supportable, mer praticable tous les jours. Septembre à novembre concentre les passages de requins-baleines et les derniers couples de baleines à bosse, c'est notre fenêtre préférée pour combiner mer et terre. De décembre à mars, la saison des pluies apporte des averses courtes mais intenses, surtout sur Nosy Be et la Montagne d'Ambre qui captent les nuages : pistes vers Ankarana et les tsingy rouges parfois impraticables, cyclones possibles en janvier et février.
La région reste accessible toute l'année pour les plages, l'eau ne descendant jamais sous 26°C. Mais pour la randonnée dans les parcs ou les pistes vers l'arrière-pays, nous déconseillons la période janvier-mars. Avril correspond à une transition souvent agréable : végétation encore verte, températures retombées, fréquentation faible.
Conseils pratiques
Comptez au minimum cinq jours sur place pour bouger sereinement, idéalement sept à dix si vous voulez combiner Diego, Montagne d'Ambre, Ankarana et Nosy Be. Le point d'entrée est l'aéroport de Fascene à Nosy Be ou celui d'Arrachart à Diego Suarez, tous deux desservis par vols intérieurs depuis Antananarivo, deux heures de vol. La route reliant Diego à Ambanja, port d'embarquement pour Nosy Be, demande six à huit heures et traverse l'Ankarana, ce qui permet une boucle terrestre logique sans repasser par la capitale.
La région se combine peu avec les Hauts Plateaux ou le Sud RN7, sauf à compter quinze jours minimum sur Madagascar, à cause de la logistique aérienne. Elle s'articule mieux en séjour autonome de 8 à 12 jours, ou en extension après une boucle Ouest et Tsingy via un vol intérieur. Le confort va du bungalow simple aux hôtels de plage internationaux à Nosy Be. Cette région convient aux voyageurs qui veulent mélanger nature, mer et culture sans imposer de longs trajets routiers, aux familles avec enfants à partir de 7-8 ans, aux plongeurs et amateurs de faune marine.
















