Le filanjana, ancien moyen de transport des nobles malgaches
Le filanjana était le moyen de transport des nobles durant l’époque de la royauté malgache et de la colonisation française.
Le filanjana était le moyen de transport des nobles durant l’époque de la royauté malgache et de la colonisation française. Il marquait le statut, la noblesse et la richesse d’un individu et constituait également un excellent moyen de transport lorsque les chemins carrossables étaient encore inexistants.
Chaise à porteurs, Palanquin, Filanjana
Le filanjana appartient à la famille des chaises à porteurs qui existaient déjà dans l’Égypte antique et du temps du règne de la dynastie des Han (206 à 220 apr. J.-C.). Elles étaient utilisées durant les fêtes religieuses ou les cérémonies officielles pour transporter le souverain et les divinités. À Madagascar, les palanquins ont été introduits par les Zafiraminia, groupe de colons musulmans arrivés sur l’île au XIIe ou au XIIe siècle depuis la côte sud-est. Le filanjana consiste en un siège étroit recouvert de cuir et muni de deux longs brancards. Son usage était alors réservé aux membres de la famille royale, aux chefs des armées, aux notables et à l’élite des juges. Il est possible d’en voir au Musée de la photographie (Anjoy – Antananarivo) dans la série de photos portant sur « Petite histoire du transport à Madagascar : du ‘filanjana’ à l’aéroglisseur ». Cette exposition est présente jusqu'en avril 2019.
Les borizano : porteurs de filanjana
Il existait deux types de porteurs, dits borizano (bourjanes) ou maromita, à savoir ceux qui sont spécialisés dans le transport de voyageurs (mpilanja) et ceux qui sont engagés pour transporter des marchandises (mpaka entana ou mpitondra entana). Ce sont des hommes vigoureux et jeunes qui sont destinés à exercer ce métier. Ils aiment leur travail malgré les fatigues et les dangers et regrettent toujours de quitter leur poste. Ils sont naturellement gai et bon enfant et prennent à cœur à ne jamais laisser l’occupant descendre de sa chaise, peu importe la difficulté du chemin. Ils sont vêtus d’une akanjo (chemise de rabane) recouvrant leur pagne, un lamba (pièce de tissu blanc) enroulé autour de leurs reins. Pour un long voyage, ils rangent une cuillère, quelques provisions et un vêtement de rechange dans une poche derrière l’akanjo. Ils portent un chapeau qui leur sert également d’assiette et de filtre à eau. Puis, les accessoires indispensables pour la route : un chapelet enfilé d’amulettes servant de protection contre multiples dangers, notamment les crocodiles. (Le panama malgache, Christine Ranarivelo – Éditions Harmattan)
Moyen de transport adapté
Avant la colonisation française, les monarques merina ont volontairement fermé les routes entre le Centre et le littoral, afin d’éviter l’invasion des Français et des Anglais. Les sentiers existants étaient difficiles d’accès et changeaient au gré de la pluie, du lit des voies d’eau et d’autres aléas climatiques. En l’absence totale de chemins carrossables, le filanjana était le moyen de transport par excellence.
Questions fréquentes
Le filanjana est une chaise à porteurs traditionnelle utilisée à Madagascar, notamment durant l'époque de la royauté merina et la colonisation française. Composé d'un siège étroit recouvert de cuir et de deux longs brancards, il était réservé aux membres de la famille royale, aux chefs militaires et aux notables. Il constitue l'équivalent malgache du palanquin, connu dans de nombreuses cultures à travers le monde.
Le filanjana était exclusivement réservé aux nobles : famille royale, chefs d'armée, juges et notables. Il était porté par des hommes vigoureux appelés borizano (ou bourjanes), spécialisés soit dans le transport de personnes (mpilanja), soit dans le transport de marchandises (mpaka entana). Ces porteurs étaient réputés pour leur endurance, leur bonne humeur et leur dévouement.
Les palanquins existent depuis l'Égypte antique et la Chine de la dynastie Han (206-220 apr. J.-C.). À Madagascar, le filanjana aurait été introduit par les Zafiraminia, un groupe de colons musulmans venus de la côte sud-est, aux alentours du XIIe ou XIIIe siècle. Il s'est ensuite répandu dans la société merina comme symbole de pouvoir et de statut social.
Oui, il est possible d'observer des filanjana au Musée de la photographie d'Antananarivo (Anjoy), dans une exposition intitulée 'Petite histoire du transport à Madagascar : du filanjana à l'aéroglisseur'. Des représentations de cet objet emblématique peuvent également être trouvées dans des musées consacrés à l'histoire malgache et lors de certaines cérémonies culturelles.
Avant la colonisation française, les routes carrossables n'existaient pas à Madagascar. Les monarques merina avaient même volontairement fermé les voies entre le Centre et le littoral pour repousser les invasions étrangères. Dans ce contexte, le filanjana était le moyen de transport le plus adapté pour se déplacer sur des sentiers difficiles et changeants, faisant de lui un outil à la fois pratique et symbolique du pouvoir.


