Route vers les tsingy de Bemaraha, selon Olive

Route vers les tsingy de Bemaraha, selon Olive

21 mars 2019

Les « tsingy de Bemaraha », c’est à la fois la terre d’arrivée des premiers autochtones de l’île et des formations géologiques mouvantes sur le temps long qui se sont intensifiées au fil des années. Ils ont aujourd’hui laissé une immuable forêt de pierres calcaires dont l’étendue est si stupéfiante que l’on se croirait insignifiant.Venez avec moi, je vous emmène.

Mois de Juin, Madagascar en a fini avec la pluie. Voici le moment tant attendu pour nous de partir, le cœur rempli d’espoir. Nous voulons absolument aller dans les tsingy de Bemaraha en partant d’Antananarivo, en passant par Morondava.    

De Morondava, très tôt le matin, nous partons. Huit heures d’expédition en 4x4 avant d’arriver à Bekopaka, village insoupçonné au milieu de nulle part, gardien des « tsingy », ces vastes dépôts calcaires d’origine marine datant de deux cent millions d’années.

Les remous des routes de terre rouge nous bercent le long de l’allée des baobabs, encore cachée dans d’épais brouillards matinaux, leurs racines en l’air se dévoilent imperceptiblement et suffisent pour nourrir davantage la curiosité sur ces arbres géants. Nous les verrons mieux à notre retour des tsingy quand nous arpenterons cette allée pour photographier et immortaliser le magnifique coucher de soleil qui donne son ton orangé aux baobabs.

  Route vers les tsingy de Bemaraha, selon Olive  

Traversant les paysages arides de la région de Menabe sur un mélange de terre, de sable gris et de graviers blancs écrasés par les voitures, nous croisons sur le chemin des hommes en quête de pâturage pour leurs zébus ou leurs chèvres. La plupart d’entre eux s’arrêtent en nous voyant et nous observent jusqu’à ce qu’on les dépasse.

Presque au bout d’une matinée de parcours, nous découvrons le premier village dans le Centre Ouest de la région Menabe : Tsimafana. Nous apercevons à peine quelques maisons en falafa, matériaux de construction des maisons dans les villages préservés des côtes malgaches qu’on obtient des arbres environnants et parfois aussi leur feuillage.   

Surprenant qu’un aussi petit espace soit si actif : de gros camions transporteurs de marchandises se garent de part et d’autrede la route, des hommes apparemment habitués à la grosse chaleur du soleil se baladent sans chapeau et marchent sur le sable brulant, les pieds nus. Ils s’activent en sortant de gros sacs de riz de ces camions et encore d’autres marchandises, en attendant le chaland public qui les transportera jusqu’à Belo sur Tsiribihina ou même Bekopaka.

  Route vers les tsingy de Bemaraha, selon Olive  

Pour nous, c’est le lieu d’embarquement pour prendre le premier bac qui peut accueillir sur lui dans les quatre voitures avec leurs passagers dedans. Nous sommes à bord, fières d’avoir fait un bon chemin et de découvrir ce territoire opulent de la rivière Tsiribihina. On aperçoit au loin des rizières noyées sous l’eau, qu’on reconnait par le bout des tiges de riz qui apparaissent à la surface.

D’impressionnants groupes d’oiseaux ponctuent le périple.

Nous atteignons Belo sur Tsiribihina et y restons le temps d’un très bon déjeuner dans le restaurant gastronomique de Mad zébu, incroyable de trouver une aussi bonne table dans un endroit aussi reculé ! Ils proposent la viande de zébu dans tous ses états : le filet, la tartare, l’escalope. Après tout, ce n’est pas les zébus qui manquent dans cette région.

Nous parcourons tout le bourg de Belo sur Tsiribihina et perdons de vue petit à petit ces grandes maisons en dur qui nous rappelaient la civilisation. Le paysage de l’Ouest aride nous rattrape aussi vite.

Pour atteindre l’entrée de Bekopaka, nous prenons le deuxième bac sur le fleuve Manambolo. La beauté du paysage est si stupéfiante qu’elle serait capable de nous retenir plus longtemps sur ce fleuve et arrêter le temps. De hautes falaises abruptes nous entourent, cette découverte enivrante, ces paysages grandioses et cette sensation si particulière d’arpenter l’immensité valent à eux seuls le détour. 

Une nuit dans un écolodge et nous sommes dans les tsingy de Bemaraha…

  Route vers les tsingy de Bemaraha, selon Olive  

Nous commençons la visite de cet endroit plein de mystère : le défi est d’abord de parcourir les sentiers à la recherche des lémuriens qui habitent cette étonnante catastrophe géologique, puis de se faufiler entre les racines des tsingy, pour ensuite monter petit à petit et atteindre les toits qui offrent une vue imprenable où tout semble nous saisir.

Dans certains endroits dans les tsingy, des pachypodiums et des baobabs sont présents et il arrive même qu’ils atteignent la hauteur des pointes des tsingy.

En malgache, mi-tsingy est le verbe qui signifie « marcher sur les pointes des pieds » pour dire « y aller avec crainte ». En effet, nous avons réussi à accéder dans ce berceau des habitants préhistoriques de Madagascar mais il est difficile de se déplacer dans les grottes où nos lampes torches étaient de très bons alliés pour nous guider dans les creux des canyons. Mais le décor sublime de cette chapelle de pierres compense largement nos efforts. 

Les tsingy nous mettent au défi pendant environ quatre heures remplies d’émotion et de fascination. Tel un enfant sur les traces de ses parents, nous suivons le guide parfois en essayant de le rattraper car nous passons la plupart du temps à prendre des photos. Nous atteignons le sommet après un pont suspendu haut de plus de cinquante mètres. Et nous voilà devant l’ensemble des tsingy, objectif atteint, nous contemplons avec nostalgie tout le parcours que nous avons fait, concluant l’énormité des tsingy.

 

Olive Ramarozatovo

 Lire aussi > Tsingy, comme le tranchant d’une lame …

 

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