La femme malagasy dans toute sa complexité

La femme malagasy dans toute sa complexité

07 mars 2019

Si l’on devait décrire une femme malagasy, on dirait d’elle qu’elle est belle, souriante et dévouée à sa famille. Une mère malgache aime s’occuper de son foyer, mais cela ne veut pas dire que son identité se limite à cela ! Elle est le pilier qui soutient avec succès une toiture en dégradation ! Faites connaissance avec la femme malagasy !

 

La beauté, les particularités et la force des femmes malagasy

Les tenues traditionnelles confèrent une beauté unique aux femmes malgaches. Les jeunes filles considèrent malheureusement cette façon de s’habiller comme vieillotte et la préfèrent aux vêtements occidentaux ! Voici les particularités de quelques ethnies malgaches !

 

Merina  

Les femmes des hautes terres centrales ressemblent beaucoup aux Malaisiennes et aux Polynésiennes du fait de leurs origines communes. La tenue traditionnelle est une robe longue ornée de dentelle qu’on porte avec le fameux lamba, un grand rectangle de coton ou de soie, porté comme un châle. Seules les dames âgées et les femmes habitant en campagne les portent aujourd’hui.

La coiffure traditionnelle, le tanavoho, est un chignon plat complexe réalisé avec les cheveux groupés en deux tresses et placé dans la nuque. On n’en voit plus beaucoup malheureusement !

 

Sakalava 

L’image qu’on a de la femme sakalava (du littoral ouest malgache), c’est celle d’une mère portant au quotidien le traditionnel lambahoany (paréo de coton imprimé et coloré) avec des cheveux tressés. L’habit est simple, mais adapté au climat tout en mettant en valeur les courbes !

Le visage est presque toujours enduit d’un masque de couleur blanc-jaune appelé tabaky. Cette pâte à base de végétaux protège la peau du soleil, du vent et du sel en plus de prévenir le vieillissement.

 

Antandroy

Les femmes Antandroy (ethnie de l’extrême sud de l’île) sont réputées pour le tissage de tapis Mohair, un savoir-faire traditionnel. Au quotidien, elles portent également le lambahoany noué sous les aisselles, ressemblant à un corsage. Les vangovango (sorte de bracelet) et les colliers sont des parures, mais servent également à conjurer la maladie ou le mauvais sort. La coiffure traditionnelle est le dokodoko (boucles).

 

Vezo 

Les Vezo (peuple de la côte ouest du pays) sont réputés pour être des pêcheurs et des navigateurs hors pair. Les femmes sont cependant interdites de pêche et restent aux larges pour cueillir des poulpes, des oursins et des crustacés dans le lagon lorsque la marée est basse. Elles portent également le lambahoany et ornent leurs visages de masques avec de jolis dessins de fleurs.

 

Antemoro

Les femmes Antemoro sont célèbres pour la fabrication de papier antemoro (sorte de papyrus orné de fleurs séchées). Concernant leur habillement, elles se distinguent par leur lambahoany à rayures porté à la taille et leurs chapeaux en paille. Les maris ne peuvent pas offrir de vêtements à leurs épouses, sous peine de provoquer le mauvais-œil de la belle-mère et des belles-sœurs qui ont autorité sur les femmes dans le ménage.

 

Antakarana

Les femmes Antakarana (peuple du nord de l’île) portent le salovana et le kisaly. Le premier est un tissu de 110x160 cm noué sur la poitrine, tandis que le deuxième est un châle couvrant la tête et les épaules.

   

Betsileo  

La particularité des femmes Betsileo (peuple de la partie sud des terres centrales) est leurs tresses qui ont toutes des noms particulières et des significations très importantes :

·         Kitain’ondry, kitanala, valala mihoatra et kirozaroza pour les jeunes filles et femmes célibataires

·         Mitsangana fa andeha pour les filles sur le point de se marier

·         Tagna-voho (tanavoho) pour les femmes mariées

·         Randran’anakova (ressemblant à la Princesse Leia dans Star Wars) pour les princesses

    La femme malagasy dans toute sa complexité  

La place des femmes malagasy dans le foyer et la société

 

Dans la plupart des foyers malagasy, l’homme est en théorie le chef de la maison, mais en pratique, c’est la femme qui dirige tout et exécute tout. Elle gère les finances et tout ce qui est en rapport avec la maison, notamment les tâches ménagères, les courses, l’éducation des enfants, etc.

 

Cela implique de lourdes charges morales comme dans toutes les sociétés à travers le monde, mais les femmes malgaches sont particulièrement fortes. En fonction de la région ou de l’ethnie à laquelle elles appartiennent, les responsabilités de la femme peuvent être énormes.

 

L’égalité des sexes reste encore une utopie dans une société malgache traditionaliste où la religion et les croyances font pencher la balance en faveur de l’homme. De plus en plus de femmes occupent des fonctions importantes (chef de village, maire, ministre, présidente d’association importante, etc.), mais leurs influences ne sont pas assez significatives à cause de la dominance des hommes.

 

Seules celles qui sont très riches et très cultivées arrivent à se faire un nom et réussissent à apporter des changements, mais dans ces cas-là, elles peinent à trouver l’amour ou un mari. Dans la société malgache, l’homme se veut toujours supérieur, imposant par exemple l’idée que leur infidélité est tout à fait normale et inéluctable.

  La femme malagasy dans toute sa complexité  

Participation et contribution des femmes malagasy à la société et l’économie

 

Même si beaucoup d’efforts sont mobilisés en faveur des femmes malagasy, elles peinent à s’épanouir pleinement. Le poids de la culture pèse encore lourd sur leurs épaules, maintenant un droit réducteur et réductionniste à leur égard, notamment dans le mariage traditionnel. La loi conditionnant le mariage à Madagascar reste à être écrite et adoptée.

Dans l’histoire du pays, peu de noms ont été retenus, dont ceux des reines Ranavalona. Notons aussi Giselle Rabesahala, la première femme malgache nommée ministre, en 1977.

 

Cependant, la nouvelle génération semble tracer un tout autre chemin que celui de leurs mères, en participant davantage au développement de la société et de l’économie. Notons tout particulièrement les noms de Hanta Tiana Rasoarahona (Flore Aroma, produits bio à base d’huiles essentielles) et Matina Razafimahefa (Sayna, formation aux métiers de l’Internet) qui ont gagné d’importants prix d’entrepreneuriat social.

 

Dans tous les cas, pour obtenir de réels changements, les jeunes (femmes et hommes) doivent parfois bousculer la tradition, combattre les mauvaises mentalités et ne pas avoir peur d’agir différemment !

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Sergio Raoul Tinno
08 mars 2019
Elles sont authentiques. Avec des photos c'est encore mieux. Cordialement
Stéphanie N'DIAYEverified
11 mars 2019
Bonjour, plus de photos seront ajoutées prochainement pour vous faire plaisir :)
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Jean-Christophe Rama
08 mars 2019
Bravo pour cet article. J’aurai été très curieux de voir des visuels en face de chaque description des tenues de femmes malgaches. Bien à vous Jean-Christophe
Stéphanie N'DIAYEverified
11 mars 2019
merci de l’intérêt que vous portez aux femmes malgaches et surtout à leurs tenues. nous allons regrouper les photos y afférentes et les ajouter au plus vite :)
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