Le Hira Gasy : battle folklorique de discours, chants et danses

Le Hira Gasy : battle folklorique de discours, chants et danses

09 janv. 2020

 

Le Hira Gasy est avant tout un spectacle de rue, qui se tient sur n’importe quelle place (rue, terrain de sport, cours d'église, rizière, etc.), du moment qu’il y a suffisamment d’espace et lorsque la troupe juge que l’endroit peut réunir du monde. Normalement, il devrait y avoir deux troupes qui s’affrontent au milieu d’un public en cercle. Chacun son tour pour prononcer un discours d’ouverture, faire des chansons philosophiques et exécuter des danses acrobatiques. Les spectateurs jugent les performances en applaudissant et en lançant des pièces d’argent ! Le véritable Hira Gasy n’est presque plus joué aujourd’hui, sauf dans les régions rurales, par exemple lors d'une randonnée itinérante et campagnarde en pays Imerina, et dans le cadre d’un événement spécial, en l’occurrence lors du « Hira Gasy Makotrokotroka » organisé tous les ans, depuis 10 ans par l’Office Régional du Tourisme d’Antananarivo (ORTANA).

  

Les origines du Hira Gasy

Il faut savoir que le Hira Gasy est typiquement Merina, donc originaire des Hauts Plateaux. Cet art airait été créé au temps du règne d’Andrianampoinimerina (1789-1810). Après l’unification des royaumes de l’Imerina en 1803, le roi aurait cherché tous les moyens possibles pour nourrir et divertir son peuple après une longue période de guerre. Le but originel du Hira Gasy aurait été de divertir et de relaxer les travailleurs sur les chantiers et les rizières.

 

Les habilles et les instruments de musique

Comme il s’agit de divertissement, les vêtements sont très colorés. Pour les hommes : de longues vestes rouges avec des pantalons généralement noirs, un lamba (pièce de tissu, sorte de large écharpe) porté en diagonale sur le haut du corps et un chapeau de type panama. Pour les femmes : des robes longues de couleurs vives (orange, rouge, vert, violet, bleu, parfois avec des motifs fleuris) avec ou pas forcément un lamba porté sur les épaules. Concernant les instruments de musique, il s’agit de tambours (petits et grands), de trompettes, de clarinettes, de sodina (flûte malgache) ainsi que de lokanga (violon malgache).   

 

Le déroulement d’une représentation

Un spectacle de Hira Gasy peut durer des heures, au moins 1h30 environ. Chaque fois que le public est content, surpris ou ébloui par une danse ou une parole de chanson, il applaudit fort et parfois lance des pièces d’argent. Le public se met en cercle et les artistes se mettent aussi en cercle pour que tout le monde puisse entendre car ils chantent librement, sans micro. Durant la représentation, ils tournent progressivement dans le sens de l’aiguille d'une montre pour que tous puissent les voir de face.

La première troupe entre sur scène par des battements de tambour et sous un tonnerre d’applaudissements. C’est le sasitehaka ! Tout le monde prend place : les spectateurs se mettent en rond et les artistes entrent au milieu. Il se peut que les femmes prennent encore le temps de se maquiller !

Lorsque tout le monde est prêt, on passe au discours, dit kabary. Le mpikabary ouvre la cérémonie en ôtant son chapeau et en prononçant un long et compliqué discours fait de hain-teny (sorte de propos élaborés), de tonon-kalo (poésie) et d’ohabolana (proverbes de la sagesse populaire). De petites pointes d’humour sont toujours de mise lors des discours et des chants, surtout quand sur la situation politique du pays et le mariage. À la fin, il invite les prochains intervenants à entrer en scène.

Cette prochaine entrée en scène commence par une musique en sourdine jouée par les musiciens de la troupe. Les chanteurs se mettent en cercle ou face à face (hommes face aux femmes) et commencent à chanter. Les paroles traitent comme une dissertation des sujets tels que la politique, la société, l’amour, le mariage… Le but est toujours de donner un enseignement ou une morale, se terminant parfois par une question à laquelle l’auditoire pourra répondre en pensée ou en parole. Cette étape est le renihira.

   

Les danseurs prennent ensuite le relai et font le spectacle avec des mouvements des mains (latsi-tanana) pour les filles et des mouvements des pieds pour les garçons. Ce sont là des mouvements du diamanga (art martial traditionnel), incluant parfois des acrobaties. C’est le dihy !

Le spectacle se termine par l’anakira, une dernière chanson, plus courte que la première. Cette partie s’appelle également le vakodrazana que l’on confond souvent avec le Hira Gasy. L’un est juste un composant de l’autre en réalité !

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