La vanille de Madagascar : une denrée précieuse, mais en péril

La vanille de Madagascar : une denrée précieuse, mais en péril

18 déc. 2018

La vanille est une épice très appréciée et très utilisée dans l’industrie agroalimentaire (pour parfumer les produits alimentaires) et l’industrie cosmétique (pour l’élaboration des fragrances), autrement nommée l’or noir.

La vanille est très appréciée par les chefs pâtissiers et les chefs cuisiniers du monde entier pour son goût et son parfum, surtout celle qui vient de Madagascar. Il est d’ailleurs possible de découvrir cette épice lors de votre voyage à Madagascar : visiter les plantations de SAVA ou de Nosy-Be, déguster des plats aromatisés à la vanille…

C’est un des symboles de la Grande Ile, introduit en 1871 par le biais de planteurs réunionnais. La région SAVA assure à elle seule près de 80 % de la production mondiale ! Pourtant, les experts et les observateurs s’accordent à dire que la vanille malgache est en danger !

 

Le produit d’exportation phare de la Grande Île

La vanille est très importante pour Madagascar, car elle fait vivre plus de 80 000 planteurs, produisant plus de 80 % de la vanille mondiale, représentant 5 % du PIB malgache. Une baisse de l’exportation et du prix de la vanille dévalue la monnaie locale, l’Ariary. La région SAVA (incluant 4 localités : Sambava, Antalaha, Vohémar et Andapa) compte à elle seule environ 65 000 hectares de plantation. C’est dans cette partie du nord-est du pays que la majorité de la vanille malgache est produite : autour de 1 500 tonnes par an !

 

La vanille de Madagascar : une denrée précieuse, mais en péril

 

Une production longue, complexe et en difficulté

La production de la vanille est longue et difficile, car la fécondation nécessite une intervention humaine et la transformation des fruits en épices est longue. Pour avoir une idée des étapes de production de vanille, voici un résumé :

  • La vanille est une orchidée lianescente tropicale qu’on fait pousser le long des troncs d’arbres (culture en sous-bois)
  • La fleur est fécondée à la main
  • Les fruits matures inodores sont récoltés, plongés dans une eau à 65 °C (échaudage)
  • Les gousses sont aussitôt placées entre des couvertures de laine dans de grandes caisses (étuvage)
  • La vanille est séchée dans un four à 65 % puis au soleil et enfin à l’ombre (séchage pendant deux à six semaines)
  • La vanille est affinée pendant 8 mois dans des malles en bois pour développer l’arôme (mise en malles)
  • Les épices sont enfin calibrées et conditionnées

 

Un cours et une qualité instable

Le prix du kilo a connu une forte fluctuation allant de près 500 dollars en 2004, passant par 50 dollars en 2012-2013 pour rebondir à 600 dollars (485 euros) en 2017. Le cours ne devrait cependant pas dépasser 200 dollars pour que la filière perdure selon les exportateurs. La principale raison de ces hausses est le passage de puissants cyclones tropicaux : Gafilo en mars 2004 et Enawo en mars 2017. Sans parler des vols et du blanchiment d’argent qui viennent mettre davantage la filière en difficulté ! Comme les planteurs veulent rattraper leur retard en production, ils récoltent des fruits immatures et écourtent l’affinage, dégradant la qualité de la vanille ainsi produite !

 

Une concurrence rude

Pour ne rien arranger, cette baisse de la qualité laisse place à la concurrence ! D’autres pays profitent de l’engouement de l’Union Européenne pour les produits bio et les produits haut de gamme. L’Indonésie a donc pu grappiller 5 % de la production mondiale, l’Ouganda 4 %, la Papouasie Nouvelle-Guinée 3 % et l’Inde 2 %. La plus grande menace reste la vanilline de synthèse, la molécule aromatique de la vanille synthétisée de manière industrielle, et proposée à 12 dollars le kilo. De la part des Chinois : de la vanilline produite par un procédé de bio-fermentation,utilisant des matières premières naturelles (pomme de terre, betterave, etc.). Elle est commercialisée à 50 dollars le kilo.

 

Un avenir incertain

La vanille dite « Bourbon » reste très appréciée des grands chefs cuisiniers du monde entier, particulièrement de France. Ce label accompagne les vanilles en provenance de Madagascar, des îles de La Réunion, de Maurice et des Comores. Elle est parfaitement bio et convient au marché européen tant que la qualité est maintenue. Il faudra que les autorités malgaches et les opérateurs de la filière s’unissent pour trouver un moyen durable de protéger les plantations et les cultures durant la saison cyclonique. Les vols et le blanchiment d’argent doivent également être combattus ! Il faudrait des actions concrètes, des changements drastiques et beaucoup d’effort pour sauvegarder cette filière !

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Paul
20 décembre 2018
Bonjour, J'aime bien Madagascar c'est ainsi que j'ai fixé toujours une <a href="http://www.harris-madagascar-tourisme.com" rel="nofollow">location de voiture à Madagascar</a>
Manon
08 janvier 2019
c'est un très beau pays en effet. vous devriez revenir en 2019 :)
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Bonjour

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