Preuve de la présence humaine à Madagascar il y a 10 500 ans
L’Institute of zoology de Londres vient récemment de faire une découverte historique qui vient bouleverser le monde scientifique.
L’Institute of zoology de Londres vient récemment de faire une découverte historique qui vient bouleverser le monde scientifique. L’homme aurait été présent sur l’île de Madagascar 6 000 ans plus tôt qu’on ne le pensait, c’est-à-dire il y a 10 500 ans. Les preuves ont été découvertes sur des fossiles d’oiseaux-éléphants.
Nouveaux indices sur les ossements d’oiseaux-éléphants
Les chercheurs de l’Institute of zoology de Londres, dirigés par le Dr James Hansford, ont « redaté » l’activité humaine à Madagascar. Des traces d’actes de boucherie sur les ossements d’oiseaux-éléphant ont permis d’en venir à ce fait. Les entailles et les fractures sur les fossiles permettent de déduire que les oiseaux géants ont été chassés et démembrés. La possibilité de blessures naturelles est écartée même si aucun outil de chasse n’a été trouvé aux environs de l’endroit où les fossiles ont été découverts. Tout est apparu évident en comparant la forme et la position des coupures avec :
Des traces de boucherie contemporaines sur des émeus (oiseaux de grande taille d’Australie, physiquement semblables aux oiseaux-éléphants),
Des marques de boucherie préalablement identifiées sur d’autres fossiles préhistoriques malgaches.
Il s’agit de coupures nettes, sans craquelure, indiquant l’utilisation d’un objet tranchant manipulé par la main de l’homme. De plus, elles ont été infligées aux alentours de la mort de l’oiseau. Grâce à la datation au carbone 14, les scientifiques ont pu déterminer l’âge des fossiles à 10 500 ans. Les études menées sur des os de lémuriens laissaient penser jusque là que l’Homme avait colonisé Madagascar entre -2 400 et -4 000 ans. Les résultats de cette recherche ont été publiés dans le journal Science Advances en septembre 2018. La coauteure de l’étude, le DR Patricia Wright, de l’université de New York a déclaré dans un communiqué de presse que cette découverte renversait complètement notre compréhension de l’arrivée des premiers humains sur l’île.
L’homme finalement hors de cause dans la disparition de la mégafaune ?
Il faut savoir que les études permettant de dater les premières activités humaines sur la Grande Île étaient principalement faites sur des fossiles de lémuriens. Durant la Préhistoire, Madagascar abritait une mégafaune constituée de lémuriens géants, d’hippopotames, de tortues géantes et d’oiseaux géants, le genre æpyornis et le genre mullerornis, de plus petite taille. Ces derniers n’ont pas fait l’objet de beaucoup d’études, et apparemment à tort. Cette découverte sur l’oiseau-éléphant mène également à une autre conclusion : l’homme n’est pas responsable de la disparition de cette espèce. En effet, la mégafaune et l’homme ont pu coexister durant des millénaires puisque ces animaux géants ont progressivement disparu au cours des 1 000 derniers ans. Cependant, comme les sites d’occupation humaine se sont multipliés au cours de cette même période (le dernier millénaire), on peut penser que la disparition de la mégafaune est liée à la présence humaine. C’est ce qui s’est passé avec le moa de Nouvelle-Zélande (grands oiseaux non volants), disparu 150 ans suivant la colonisation de la région Pacifique.
Si l’homme a pu coexister avec la mégafaune pendant des milliers d’années, pourquoi ne pourrions-nous pas coexister avec ce qui reste de faune ?
Questions fréquentes
Selon une étude publiée en septembre 2018 dans le journal Science Advances, des chercheurs de l'Institute of Zoology de Londres ont découvert des preuves d'activité humaine à Madagascar remontant à il y a 10 500 ans, soit 6 000 ans plus tôt que ce que l'on pensait jusqu'alors.
L'oiseau-éléphant (genres æpyornis et mullerornis) était un oiseau géant non volant qui vivait à Madagascar durant la Préhistoire. Il fait partie de la mégafaune malgache, aux côtés des lémuriens géants, des hippopotames et des tortues géantes, et a progressivement disparu au cours du dernier millénaire.
La découverte de fossiles datés d'il y a 10 500 ans suggère que l'homme et l'oiseau-éléphant ont coexisté pendant des millénaires. La disparition progressive de cette espèce au cours des 1 000 dernières années coïncide cependant avec la multiplication des sites d'occupation humaine, ce qui laisse penser que l'activité humaine a joué un rôle dans cette extinction.
Les chercheurs ont utilisé la méthode de datation au carbone 14, une technique scientifique standard qui permet de déterminer l'âge de matières organiques en mesurant la désintégration radioactive du carbone contenu dans les ossements.
Madagascar possède un patrimoine paléontologique exceptionnel. Certains musées de l'île, notamment à Antananarivo, présentent des ossements et reconstitutions de la mégafaune malgache. Des circuits écotouristiques permettent également de s'intéresser à la biodiversité et à l'histoire naturelle de la Grande Île.


