Les maisons traditionnelles malgaches : symboles de l'identité du peuple
À l’origine, les maisons malgaches étaient en bois et ne comportaient qu’une seule pièce.
À l’origine, les maisons malgaches étaient en bois et ne comportaient qu’une seule pièce. Au fur et à mesure que les Européens sont arrivés dans le pays, d’autres matériaux ont été introduits en construction, terre crue, terre cuite, pierre (matériau originellement destiné aux tombes), métal… Ce qui est resté cependant, c’est le rituel lors de la construction. Les maisons en terre crue rouge dans les hautes terres et les maisons en bois sur pilotis des côtes ponctuent le paysage, une attraction à part entière lors d’un voyage à Madagascar.
Les maisons traditionnelles selon les régions
Les maisons de campagne dans les hautes terres
Dans les hautes terres, les maisons étaient jadis en matériaux végétaux et en bois pour les nobles. On n’en trouve plus, sauf au rova d’Ambohimanga à Antananarivo où l’on constate que même le roi vivait dans une simple case à une pièce en bois. Après l’arrivée des Anglais et des Français, le paysage s’est complètement transformé : des maisons en terre crue au toit de chaume initiées par Jean-Laborde, des maisons en brique avec des vérandas et des toits en tuiles (aujourd’hui en tôle aussi) inspirées par les habitations des missionnaires anglais. Ces deux types d’architecture sont maintenant ceux des maisons traditionnelles dans les hauts plateaux. Elles embellissent les routes nationales à l’intérieur d’Antananarivo, particulièrement en campagne.
Les maisons en bois sur pilotis sur les côtes
Lorsqu’on commence à s’approcher des côtes et que la végétation change, on commence à apercevoir des maisons sur pilotis. Les matériaux de construction végétaux dépendent de la région :
· roseaux (près des rivières)
· joncs (dans le Sud-Ouest autour de Tulear)
· palmiers (Est et Ouest autour de Mahajanga)
· ravinala (Est de l’île et sur l'île Sainte Marie)
· raphia (surtout au Nord, à Diego Suarez et au Nord-Est)
Pour une grande partie de la côte orientale, l’architecture est très uniforme, constituée de cases sur pilotis et couvertes de chaume fait de feuilles de palmier ou de ravinala pour donner ce qu’on appelle les trano falafa. Ce sont les habitations des pêcheurs et des fermiers, en campagne, mais dans les grandes villes, on construit comme on veut autour des principales constructions coloniales françaises qui subsistent toujours comme dans la ville de Majunga (Mahajanga) lors d'une randonnée ou navigation en pays Sakalava, ou encore à Antsiranana lors d'un voyage de Diego Suarez à Nosy Be.
Les cases en falafa peuvent cependant varier d’une région à une autre : sur la côte Est, elles sont sur pilotis en raison du climat pluvieux de cette partie de l’île. On se protège en élevant un peu son habitat ; dans l’Ouest, on retrouve la même chose pour les cases situées en bord de mer mais sur à l’intérieur des terres, elles sont construites au ras du sol. Dans le Sud où la pluie est rare et ne risque pas d’apporter des dégâts, les gens se permettent les matériaux naturels pour la toiture et même la case en entier, qu'on retrouve par exemple lors d'une pérégrination au Nord Makay.
Les maisons en bois Zafimaniry : un savoir-faire classé Patrimoine mondial
Les villages Zafimaniry sont localisés à environ 40 km de la ville d’Ambositra dans la région de Fianarantsoa, dans les montagnes boisées et reculées. Vous aurez le privilège d’y découvrir des maisons en bois aux portes et fenêtres richement sculptées, des ustensiles et objets de la vie quotidienne aux motifs austronésiens. À noter que le savoir-faire de ce peuple particulier est classé patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Il est possible de visiter ces localités si l’on aime les randonnées de niveau engagé, car ils ne sont accessibles qu’à pied.
La construction des maisons
La construction d’une maison malgache dit « trano gasy » est associée à une multitude de croyances. Tout doit s’accorder avec le vintana (destin : sorte de signe astrologique), basé sur les 12 mois lunaires. Si le jour du début de la construction n’est pas en accord avec le vintana du propriétaire, cela portera malheur. De même, il y a une période spécifique de l’année durant laquelle il est bon de construire. Pour connaître tout cela, il faut consulter le mpanandro (genre d’astrologue, shaman, devin). Il y a aussi tout un rituel à respecter lors du creusement des fondations. Tout cela relève d’une question de bonheur et de malheur, voire de vie ou de mort !

Photo d'une ancienne maison de roi, dans le rova d'Ambohimanga
La disposition de l’intérieur de la maison est aussi très importante selon la tradition et les croyances malgaches. Chacun doit avoir sa place en fonction de son vintana et de son statut. Une maison traditionnelle à une pièce est toujours rectangulaire et doit être orientée vers l’Ouest. Le coin Nord-Est correspond au premier mois de l’année et au vintana Alahamady (même nom pour le mois et le vintana). C’est le coin réservé aux grands-parents, aux aïeux, appelé zoro firarazana, conjonction de la sainteté et du pouvoir.
La philosophie du miankandrefam-baravarana est aussi un paramètre toujours considéré : on doit avoir des ouvertures (portes et fenêtres) placées toujours du côté Ouest pour que les rayons du soleil puissent pénétrer à l’intérieur de la maison dès son levée jusqu’à son coucher. L’organisation/la disposition de la maison est assez complexe et doit être impérativement respectée même aujourd’hui où l'architecture contemporaine prime sur le savoir-faire traditionnel.
Questions fréquentes
Une maison traditionnelle malgache, appelée 'trano gasy', est à l'origine une construction en bois à une seule pièce, rectangulaire et orientée vers l'Ouest. Selon les régions, les matériaux varient : terre crue dans les hautes terres, cases en falafa (roseaux, ravinala ou palmier) sur les côtes, et bois sculpté pour les Zafimaniry.
Les villages Zafimaniry sont situés à environ 40 km de la ville d'Ambositra, dans la région de Fianarantsoa. Ils se nichent dans des montagnes boisées et reculées, accessibles uniquement à pied, ce qui en fait une destination pour les randonneurs de niveau engagé.
Le savoir-faire des Zafimaniry est inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en raison de la richesse de leurs techniques de sculpture sur bois. Leurs maisons, portes et fenêtres sont ornées de motifs géométriques d'origine austronésienne, transmis de génération en génération.
Le vintana est un concept astrologique malgache basé sur les 12 mois lunaires, similaire à un signe du destin. Lors de la construction d'une maison, le mpanandro (astrologue-devin) est consulté pour choisir un jour favorable en accord avec le vintana du propriétaire, afin d'assurer bonheur et prospérité.
Les maisons sur pilotis des côtes malgaches, appelées trano falafa, sont construites avec des matériaux végétaux locaux selon la région : roseaux près des rivières, joncs dans le Sud-Ouest autour de Tulear, palmiers sur les côtes Est et Ouest, ravinala à l'Est et à l'île Sainte-Marie, et raphia dans le Nord.
Les maisons en terre crue des hautes terres sont visibles en traversant les routes nationales autour d'Antananarivo. Pour les villages Zafimaniry, il faut partir d'Ambositra (à environ 40 km) et rejoindre les villages à pied via une randonnée engagée. Les cases en falafa sont observables tout au long des côtes, notamment à Mahajanga et à l'île Sainte-Marie.


