La fête de la circoncision malgache

La fête de la circoncision malgache

12 déc. 2018

La musique à fond, les gens qui dansent, boivent, un petit garçon submergé dans une tonne de jouets… C’est la fête du didimpoitra ! Des hommes portants leurs petits garçons vêtus de rouge, la fête pendant des semaines : c’est le sambatra ! La circoncision prend différentes formes à travers l’île, mais la symbolique reste la même !

À Madagascar, tous les garçons doivent passer par cette tradition pour être réellement considérés comme des hommes (appartenant au « genre masculin ») ! Dans certaines ethnies de la Grande Ile, les non-circoncis ne pourront pas être enterrés dans le tombeau familial (fasan-drazana). La circoncision reste une tradition très ancrée dans la société malgache, mais elle tend à devenir de plus en plus moderne !

Le Déroulement du Didimpoitra

En Imerina, dans la région des Hautes Terres, la circoncision (didimpoitra, famorana ou hasoavana en malgache) est pratiquée chez les garçons âgés d’environ 3 ans. Elle se déroule toujours durant l’hiver malgache, entre mai et août, car le froid cicatrise rapidement les blessures. Originellement, elle ne pouvait être pratiquée sans l’aval et les prescriptions d’un mpanandro (sorte de devin-chamane), car la date doit être choisie en fonction du andro nahavelomana (jour de naissance) du jeune garçon.

Les rites traditionnels se maintiennent dans les campagnes, tandis que dans les grandes villes, tout est simplifié et arrangé pour convenir au mieux au garçon et aux parents. C'est une tradition très intéressante à découvrir durant votre voyage à Madagascar.

La circoncision à la campagne (comme cela se fait depuis des centaines d’années)

Le hasoavana est une grande fête à laquelle toute la famille est conviée. Elle se déroule dans une case (maison ou pièce) spécialement dédiée pour l’occasion. Les réjouissances commencent la veille du jour J, consistant en des danses et des chants qui durent jusqu’à la fin de l’événement. Valiha, flûte et tambour à l’honneur ! Les hommes boivent de l’alcool à profusion comme dans toutes les fêtes malgaches ! Personne ne dort, car la nuit est très importante !

Vers 2h ou 3h du matin, les hommes les plus vigoureux (dont les parents sont toujours en vie) s’en vont chercher le rano mahery au pied d’une montagne, une sorte d’eau sacrée qui va servir pour laver les mains du circonciseur, le couteau et la plaie de l’enfant. À leur retour, ceux qui sont dans la case essaient de renverser la calebasse contenant le rano mahery pour l’empêcher d’arriver au circonciseur. Si elle est renversée, il faudra revenir en chercher à la source ! Lorsque la calebasse arrive enfin à passer, l’eau est réellement puissante (signification de rano mahery). Dans tous les cas, tout le monde fera en sorte qu’elle passe. Ces hommes forts ramènent aussi par la même occasion de la canne à sucre pour que la vie du garçon ne soit pas trop dure et un bananier, pour qu’il soit fertile et ait beaucoup d’enfants plus tard.

Vers 4 h ou 5 h du matin, le rain-jaza (circonciseur) commence l’opération après que le mpanandro ou l’aîné de l’assemblée ait prié pour que tout se déroule bien. Pendant ce temps-là, la mère, les sœurs, les tantes et les cousines sont cloîtrées dans une pièce pour prier également. Elles prient à haute voix pour ne pas entendre les éventuels cris du garçon. Les hommes qui assistent à la circoncision tapent dans tout ce qu’ils trouvent pour étouffer les cris et éviter que les femmes n’entendent.

À noter que le rain-jaza est une personne particulière au don particulier comme le mpanandro. Il possède un don pour guérir les blessures, empêchant l’hémorragie. Pour que ce don soit efficace, il doit respecter des fady (tabous), tout comme l’assemblée. En règle générale, personne n’a le droit d’avoir des rapports sexuels durant la nuit de la circoncision.

Une fois le prépuce (lohatsitsy en malgache) enlevé, l’assemblée crie « ‘zay no vita e ! » (C’est fini !) et le grand-père maternel mange le bout de peau avec de la banane, symbole de fertilité et de virilité. 

 

La fête de la circoncision malgache

 

L’enfant est chouchouté et obtient des présents, puis s’endort rapidement. Tout le monde se réjouit et surtout mange après avoir donné le tsodrano (bénédiction) qui se présente sous forme monétaire (comme c’est toujours le cas). Un kabary (discours) de remerciements clôture l’événement.

La circoncision en ville (adapté aux temps modernes)

Pour les citadins, n’importe quel jour d’hiver convient pour le didimpoitra. C’est un docteur en médecine qui pratique la circoncision dans son cabinet ou sa salle d’opération. La fête commence la veille ou pas, selon les moyens de la famille et les préférences de chacun. Le matin, les hommes de la famille emmènent le petit garçon chez le bourreau. Ils ont pour rôle de tenir ses bras et ses jambes pour l’empêcher de bouger. L’oncle ou le grand-père maternel avale le prépuce avec une banane. L'enfant est ramené à sa mère qui appréhende toujours ce moment et stresse beaucoup jusqu’à la cicatrisation totale du petit organe mâle.

Le retour à la maison est très joyeux ! Tout le monde est content et crie « arahaba ririnina e ! » (Félicitations en ces temps d’hiver) comme cela se fait de coutume ! Le principal concerné est inondé de jouets pour faire oublier la douleur et le réjouir en cette occasion spéciale où il est enfin devenu homme ! Parfois, il pleure en jouant ! La fête bat son plein : nourriture, boissons alcooliques et non alcoolisées, chants et danse.

L’évolution de la circoncision

De nos jours, les parents qui ont les moyens n’hésitent pas à faire appel à la médecine moderne pour garantir la sécurité de leur enfant. La circoncision à l’américaine a la côte ! Certains centres médicaux font inhaler au petit garçon un gaz légèrement anesthésiant pour atténuer les douleurs.

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